L’ex-directeur des moyens généraux de la Présidence, Cheikh Oumar Diagne, connaît une accélération judiciaire de son dossier. Déféré ce lundi matin devant le parquet de Dakar, il a été placé sous mandat de dépôt après son face-à-face avec le procureur de la République. Il sera jugé dès ce mercredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar pour « diffusion de fausses nouvelles », une procédure express qui intervient après son placement en garde à vue vendredi dernier à l’issue de son audition à la Sûreté urbaine.
L’affaire trouve son origine dans une sortie médiatique choc de Cheikh Oumar Diagne, secrétaire général du Rassemblement pour la Vérité – And Ci Degg. Sur un plateau de télévision, il avait accusé le Premier ministre Ousmane Sonko d’être le « commanditaire » de la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue lors d’une intervention policière à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Lors de son interrogatoire mené par le commissaire divisionnaire Mamadou Tendeng, le mis en cause a maintenu ses déclarations, imputant au chef du gouvernement la « responsabilité politique » de ce drame. Il soutient que Sonko aurait donné les instructions ayant conduit à l’intervention des forces de l’ordre sur le campus.
Poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles et calomnie », Cheikh Oumar Diagne peut compter sur une défense bien structurée. Son avocat, Me Hosni Maati, inscrit au barreau de Paris, a publié un communiqué pour dénoncer des poursuites qui viseraient deux infractions : la diffusion de fausses nouvelles et des « manœuvres de nature à compromettre la sûreté de l’État », prévues aux articles 255 et 80 du Code pénal. La défense argue que les propos de son client s’inscrivent dans « un débat d’intérêt public » sur les conditions d’intervention des forces de sécurité. « Dans un État de droit, la recherche des responsabilités ne saurait être dissociée du droit de débattre de l’action des autorités publiques », plaident ses avocats.
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