Une affaire aux allures de scandale secoue actuellement Dakar et sa banlieue. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, l’artiste Ousseynou Keita, plus connu sous le nom de Ouzin Keita, ainsi que treize autres personnes ont été placés en garde à vue dans une enquête portant sur proxénétisme, chantage, extorsion de fonds, actes contre-nature, consommation de drogue et transmission volontaire du VIH/Sida.
Une procédure explosive qui pourrait dévoiler les ramifications d’un réseau présumé aux pratiques particulièrement controversées.
Une descente de la DIC qui révèle un dossier bien plus grave
D’après L’Observateur, l’affaire a débuté par ce qui semblait être une simple enquête liée à la consommation de drogue. Des éléments de la Division des investigations criminelles (DIC) effectuent alors une descente dans un appartement situé à Ouest-Foire.
Sur place, les enquêteurs découvrent des comprimés d’ecstasy, dont certains auraient été consommés. Mais la fouille des lieux révèle également des lubrifiants et des préservatifs en grande quantité, poussant les limiers à approfondir leurs investigations.
Ce qui devait être une intervention de routine va rapidement prendre une dimension bien plus inquiétante.
Quatorze personnes interpellées, dont un mineur
Toujours selon L’Observateur, les policiers procèdent à l’interpellation de quatorze personnes âgées de 14 à 39 ans. Parmi elles figure Ouzin Keita (39 ans), domicilié aux Parcelles Assainies, considéré par les enquêteurs comme une pièce centrale du dossier.
Les autres personnes arrêtées sont originaires de plusieurs quartiers de la banlieue dakaroise, notamment Pikine, Grand-Yoff, Camberène et les Parcelles Assainies.
La liste des suspects comprend notamment : G. Coly (21 ans), M. Guèye (24 ans), C.T. Seck (25 ans), A. Mboup (19 ans), P.M. Coumbassa (20 ans), C.A. Diagne (24 ans), B. Fall (19 ans), M. Faye (21 ans), K. Ndiaye (20 ans), M. Gassama (23 ans), A. Ndoye (20 ans), P. Ndiaye (18 ans) et, fait marquant, un mineur de 14 ans identifié sous le nom de M. Diouf.
Tous ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête.
Un système présumé de sextorsion
L’exploitation des téléphones portables saisis lors de l’opération aurait permis aux enquêteurs d’effectuer des avancées significatives.
Selon L’Observateur, les premiers éléments de l’enquête évoquent un réseau présumé de proxénétisme et de sextorsion. Le mode opératoire serait particulièrement troublant : les suspects auraient filmés leurs relations sexuelles à l’insu de leurs partenaires.
Ces vidéos intimes auraient ensuite été utilisées pour faire pression sur les victimes, qui se voyaient réclamer de l’argent sous la menace de diffusion des images sur internet.
Les enquêteurs poursuivent actuellement l’exploitation des téléphones afin d’identifier les victimes potentielles et les éventuelles ramifications du réseau.
Les révélations troublantes d’Ouzin Keita
Lors de son audition, rapporte L’Observateur, l’artiste Ouzin Keita aurait également fait une déclaration particulièrement sensible. Il aurait reconnu auprès des enquêteurs être séropositif.
Cette révélation prend une dimension judiciaire importante, dans la mesure où les suspects sont également visés par le chef d’accusation de transmission volontaire du VIH/Sida.
Face à la gravité des faits, l’ensemble des personnes interpellées aurait accepté de se soumettre volontairement à des tests de dépistage, afin de déterminer leur statut sérologique.
D’autres suspects activement recherchés
Toujours d’après L’Observateur, l’enquête pourrait encore connaître de nouveaux développements. Lors de son audition, Ouzin Keita aurait évoqué avec insistance un certain “Ass”, qu’il présente comme son “fils spirituel”.
Les messages retrouvés dans les téléphones des suspects, qualifiés d’ambigus par les enquêteurs, soulèveraient des interrogations sur la nature réelle de leur relation. Cet individu est activement recherché.
Autre personnage clé : une femme présentée comme le cerveau du réseau présumé, qui aurait supervisé les activités de racolage et les opérations de chantage. Elle fait également l’objet de recherches intensives.
Une enquête loin de livrer tous ses secrets
À ce stade, les quatorze suspects restent placés en garde à vue, visés par plusieurs accusations lourdes : proxénétisme, escroquerie, chantage et extorsion de fonds, actes contre-nature, transmission volontaire du VIH/Sida et consommation de drogues dures.
