Malgré les avis favorables du juge d’instruction et de la chambre d’instruction, pour lui accorder une liberté provisoire dans l’affaire des 125 milliards de francs CFA, Farba Ngom reste en prison. Et pour cause. Le procureur général financier a posé son véto en faisant appel. En attendant l’issue de cette initiative du parquet, le maire des Agnam dispose d’une dernière carte pour recouvrer la liberté. Le responsable de l’APR peut amener l’Assemblée nationale à demander une suspension des poursuites contre lui.
«Le principe est posé par l’article 61 de la Constitution, à son quatrième alinéa», reprend Les Échos, qui cite l’expert parlementaire Alioune Souaré, auteur de la proposition. L’article en question stipule : «La poursuite d’un membre de l’Assemblée nationale ou sa détention du fait de cette poursuite est suspendue si l’Assemblée le requiert.»
Souaré signale que la demande de suspension de poursuites «doit être traitée au même degré qu’une demande de levée de l’immunité parlementaire avec la mise en place d’une commission de onze membres qui va entendre le député concerné, etc.».
L’expert croit aux chances de l’édile des Agnam : «avec l’ordonnance du juge pour une liberté provisoire, la confirmation de celle-ci par la chambre d’accusation, ils ont assez d’arguments pour convaincre la majorité et permettre à Farba Ngom de jouir de sa liberté provisoire».
Cependant, Alioune Souaré met en garde contre un vice de forme au cas où Farba Ngom suivrait la voie qu’il lui propose d’emprunter pour obtenir la liberté provisoire. L’expert parlementaire rappelle que l’actuel ministre de l’Éducation, Moustapha Guirassy, alors député, avait tenté le même coup pour sauver Ousmane Sonko, pris dans l’affaire Adji Sarr.
Malheureusement, rappelle le spécialiste, Guirassy avait commis l’erreur d’introduire une «résolution de suspension de poursuites» à la place d’une «demande d’arrêt des poursuites». Autre faute : l’actuel ministre de l’Éducation avait déposé sa requête avant que Sonko fasse l’objet de poursuites.
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