Les régimes successifs au Sénégal ont souvent eu recours à une répression sévère contre les étudiants. De Léopold Sédar Senghor à Bassirou Diomaye Faye, en passant par Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, l’histoire semble bégayer.
L’héritage de Mai 68
En mai 1968, les étudiants, soutenus par l’Union démocratique des étudiants sénégalais (UDES), réclamaient une hausse des bourses et une réforme profonde de l’enseignement postcolonial. Le 29 mai 1968, les forces de l’ordre prirent d’assaut l’Université de Dakar. Le bilan fit état d’un mort officiel (plusieurs selon les syndicats) et de près de 400 blessés. À l’époque, le président Senghor avait qualifié les étudiants d’« anarchistes » et évoqué une influence étrangère, avant de finalement négocier et d’accorder une revalorisation des bourses.
L’ère socialiste d’Abdou Diouf
Le régime d’Abdou Diouf a également réprimé de nombreuses manifestations, entraînant des affrontements violents. À cette époque, le pouvoir socialiste accusait régulièrement l’opposant Abdoulaye Wade d’instrumentaliser la jeunesse estudiantine pour déstabiliser l’État.
Les drames sous l’alternance (Wade et Sall)
C’est pourtant sous le régime d’Abdoulaye Wade que l’étudiant Balla Gaye fut tué, le 31 janvier 2001, lors d’une grève liée au non-paiement des bourses. Le scénario s’est tragiquement répété sous la présidence de Macky Sall avec les décès de Bassirou Faye (2014) et de Fallou Sène (2018), tombés pour les mêmes revendications sociales.
Aujourd’hui les mêmes causes produisent les mêmes effets . La répression à l’UCAD a fait un mort : Abdoulaye Ba, étudiant en Licence 2 en odontologie à la Faculté de médecine, est décédé à l’Hôpital Principal. Asthmatique, il a fait une détresse respiratoire après avoir inhalé du gaz lacrymogène. Transporté d’urgence à l’hôpital, il n’a malheureusement pas survécu.
Il devient impératif de régler définitivement cette problématique récurrente du paiement des bourses pour pacifier durablement l’espace universitaire. Les forces de l’ordre n’ont rien à faire dans le campus social .
