À l’Université Amadou Mahtar Mbow (UAM) de Diamniadio, la colère des étudiants ne cesse de grandir. Excédés par le retard de livraison des ordinateurs promis, ils dénoncent des engagements non tenus, l’intrusion des forces de l’ordre sur le campus et interpellent l’État ainsi que les syndicats d’enseignants à la veille des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ).
Face au flou persistant autour de l’acquisition de leurs outils numériques, les étudiants ont intensifié leurs actions en barricadant l’entrée du rectorat. Ils affirment vouloir préserver leurs enseignants-chercheurs, en concentrant leur contestation sur les autorités administratives.
« Nous avons besoin de nos enseignants-chercheurs dans notre combat, pas d’être contre eux », a déclaré le Mamadou Diop, le porte-parole du collectif, insistant sur le caractère stratégique de cette mobilisation.
Les promesses verbales de l’administration ne suffisent plus. Malgré l’annonce d’une dérogation exceptionnelle validée par la Primature pour accélérer la procédure, les étudiants exigent des documents officiels. La menace brandie par le Recteur d’étendre les cours au-delà du 31 mai est jugée inacceptable, d’autant que la fête de la Tabaski approche et que les étudiants redoutent une prolongation de leur année académique jusqu’en 2027.
Franchises universitaires bafouées
Le blocage du rectorat a été marqué par l’interpellation de deux gendarmes en civil infiltrés sur le campus. Les étudiants, rappelant le principe des franchises universitaires, ont remis les agents à leur hiérarchie sans débordement.
Le collectif avertit toutefois que de telles intrusions, dans un contexte politique tendu, pourraient dégénérer. Ils préviennent qu’ils assureront eux-mêmes la sécurité du campus si ces provocations se répètent.
Le paradoxe des JOJ
La préparation des Jeux Olympiques de la Jeunesse cristallise les tensions. Les étudiants dénoncent une politique du « deux poids, deux mesures » : alors que leurs revendications stagnent depuis sept mois, l’État a mobilisé des moyens considérables pour rénover les chambres universitaires destinées aux délégations étrangères.
« Il fallait d’abord penser à vos propres fils avant de loger ceux des autres nations », fustigent-ils.
Déterminés à aller jusqu’au bout, les leaders étudiants ont lancé un appel solennel au Front syndical national, en particulier au SAES et au SUDES. Ils estiment que le sacrifice imposé aux étudiants préfigure une injustice qui frappera l’ensemble de la communauté universitaire. Fidèles à leur démarche pacifique, ils affirment vouloir défendre leur dignité et leurs droits.
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