L’interpellation musclée du député Abdou Mbow par les éléments de la gendarmerie nationale, qui ont fait irruption dans l’hémicycle pour l’extraire de la salle, a provoqué une onde de choc au Parlement. En signe de protestation, Me Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a immédiatement quitté la séance plénière en compagnie de l’ensemble de ses collègues de l’opposition.
S’exprimant à chaud sur cet incident sans précédent et sur l’avenir de la proposition de loi portant révision de la Constitution, l’ancienne ministre des Affaires étrangères a prédit l’échec inéluctable du texte, estimant que les conditions de son adoption sont profondément entachées d’irrégularités. « Elle n’ira nulle part parce que c’est une faction qui est en train de la voter. Elle n’ira nulle part parce que quand on vote dans la friction, dans le bruit, dans le chaos, dans la faction et dans le fracas, ça n’ira nulle part. La loi sera retoquée », a-t-elle martelé devant les journalistes.
La parlementaire de l’opposition a vivement fustigé l’attitude de la majorité au pouvoir, qu’elle accuse de traiter les charges de l’État avec une légèreté coupable. « Ils sont en train de s’amuser, ils n’ont qu’à s’amuser puisqu’ils pensent que leur mandat est un amusement. Nous, nous prenons notre mandat au sérieux parce que nous respectons le peuple. Eux, ils ne respectent pas le peuple », a-t-elle lancé avec véhémence.
Revenant sur l’argument du poids numérique, régulièrement mis en avant par le régime pour imposer ses réformes législatives, la présidente du groupe Takku Wallu Sénégal a manié l’ironie en réservant une formule particulièrement imagée à ses adversaires politiques. « Ils disent qu’ils ont une majorité. Oui, mais une majorité pastèque : gros dehors et rien à l’intérieur. Voilà ce qu’ils sont, que Dieu nous garde », a-t-elle conclu, actant ainsi une rupture totale au sein de la représentation nationale.
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