À moins de 72 heures du Grand Magal, le comité d’organisation affiche un niveau de préparation jugé très satisfaisant. Plus de 95 % des 137 points inscrits dans le plan d’action ont été réalisés, selon les conclusions de la réunion d’évaluation . Si les préparatifs avancent à grands pas, plusieurs préoccupations demeurent, notamment l’approvisionnement en eau, l’assainissement et la nécessité de préserver la sacralité de la ville sainte face aux dérives observées sur les médias et les réseaux sociaux.
Ces assurances ont été données hier jeudi par Serigne Cheikh Abdou Lahad Mbacké Gaïndé Fatma, président de la commission culture et communication du Grand Magal, lors d’une conférence de presse organisée par le comité d’organisation, en présence de son coordonnateur Serigne Ousmane Mbacké Gaïndé Fatma ainsi que de plusieurs responsables, dont Serigne Abo Mbacké Fallou, Asta Diéye, Serigne Mourtalla Lo et Serigne Mor Lo.
Les Baye Faal en première ligne contre les dérives sur les réseaux sociaux
La préservation de la sacralité de Touba constitue l’une des principales priorités du comité d’organisation. Cette année, un important dispositif de veille médiatique a été mis en place afin de lutter contre les contenus jugés contraires aux valeurs du Magal.
Une cellule composée de 28 personnalités assure une surveillance permanente des plateformes numériques, des médias et des réseaux sociaux. Sa mission consiste à détecter rapidement toute publication portant atteinte à l’image du Magal ou à la sacralité de la ville.
Selon Serigne Cheikh Abdou Lahad Mbacké Gaïndé Fatma, cette initiative répond aux recommandations de Cheikh Mouhamadou Mountakha Mbacké qui avait confié à la communauté Baye Faal la mission de veiller à la préservation de la ville sainte.
Les Baye Faal sont ainsi mobilisés H24 pour identifier les auteurs et diffuseurs de contenus inappropriés. Chaque dérive signalée sera immédiatement remontée aux responsables afin que des mesures soient prises.
« Les Baye Faal sont là pour veiller sur cela. Nous avons une équipe qui travaille 24 h/24 pour signaler toutes les dérives constatées sur le terrain », a insisté le président de la Commission Culture et Communication.
Le comité privilégie toutefois la prévention. Une vaste campagne de sensibilisation a été menée depuis plusieurs semaines auprès des créateurs de contenus. Certains influenceurs seront même intégrés au comité d’organisation afin de favoriser une communication responsable autour du Magal.
Jusque-là, aucun incident majeur n’a été enregistré. Mais le comité avertit que toute violation de la sacralité du Magal fera l’objet de mesures fermes.
Eau : des efforts importants, mais un déficit toujours préoccupant
L’approvisionnement en eau reste le principal défi de cette édition du Magal.Des postes avancés sont installés depuis trois semaines dans plusieurs quartiers afin de permettre aux populations de constituer des réserves avant l’arrivée massive des pèlerins.
De nouveaux forages ont également été mis en service pour renforcer les 45 forages déjà opérationnels dans la ville. Parallèlement, des travaux de réparation des nombreuses fuites du réseau ont été effectués.
Malgré ces efforts, le comité reconnaît que le déficit demeure important.Le problème est structurel. Touba compte environ 1,5 million d’habitants, mais accueille près de sept millions de fidèles en seulement quarante-huit heures. Un déséquilibre qui dépasse largement les capacités actuelles des infrastructures d’après le comité.
À cela s’ajoute la vétusté du réseau de distribution, qui entraîne des pertes estimées à près du tiers de la production d’eau.
Pour les responsables du Magal, seule une politique d’investissements lourds permettra de régler définitivement cette question. « Quelle que soit la volonté des autorités, le gap subsiste. Il faut des investissements conséquents pour résoudre définitivement ce problème », a plaidé Serigne Cheikh Abdou Lahad Mbacké Gaïndé Fatma.
Assainissement : des travaux utiles, mais lancés trop tard
Le chantier de l’assainissement mobilise également l’attention.Des travaux estimés à 15 milliards F CFA sont en cours dans le cadre d’un programme qui devrait atteindre 60 milliards sur plusieurs années. Une partie importante des ouvrages devrait être achevée avant le Magal, apportant un soulagement aux populations.
Le comité estime toutefois que le principal problème réside dans le calendrier d’exécution.Les travaux ont démarré tardivement, occasionnant d’importantes perturbations de la circulation à l’approche du Magal.
Les responsables recommandent désormais que les futurs chantiers soient lancés dès le mois de novembre et terminés au moins un mois avant l’événement afin d’éviter les désagréments pour les habitants et les pèlerins.
Sur le plan organisationnel, les préparatifs sont pratiquement finalisés
Le comité annonce un taux d’exécution supérieur à 95 % des actions prévues. Les derniers ajustements concernent essentiellement le programme culturel qui se poursuit avec les conférences de Raoudha Rahim ainsi qu’un mini-colloque inscrit dans les activités du Magal. Cette dynamique traduit, selon les organisateurs, l’engagement collectif des différentes commissions mobilisées depuis plusieurs mois.
Le Magal, un puissant moteur économique
Au-delà de sa dimension spirituelle, le Grand Magal confirme son poids économique. S’appuyant sur une étude réalisée sur trois ans, Serigne Cheikh Abdou Lahad Mbacké Gaïndé Fatma estime que l’événement constitue aujourd’hui un levier majeur de développement pour le Sénégal. L’étude évoque un potentiel de création de plus de 100 000 emplois si les opportunités liées au Magal sont pleinement exploitées.
Le responsable invite ainsi les investisseurs et les entrepreneurs à développer des unités industrielles à Touba, dans le département de Mbacké et dans la région de Diourbel afin de produire localement les biens consommés durant le pèlerinage.
Selon lui, il est temps de réduire les importations et de transformer les énormes besoins du Magal en opportunités économiques pour les entreprises nationales.
« Le Magal est aujourd’hui un potentiel exceptionnel. Il peut devenir un véritable levier de développement du Sénégal. Nous appelons les entrepreneurs et les hommes d’affaires à investir dans ces niches porteuses afin que le pays tire pleinement profit de cet événement », a conclu Serigne Cheikh Abdou Lahad Mbacké Gaïndé Fatma.
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