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Me Alioune Badara Cissé : «La gravité de l’heure exige que nous puissions nous arrêter et réfléchir»

Appelant au calme et à la sérénité, le médiateur de la République, Me Alioune Badara Cissé, s’est penché sur les causes profondes de ce soulèvement qui dépasse les petites personnes des différents protagonistes. Selon lui, il s’agit des conséquences d’une frustration accumulée par une jeunesse «sans envie, déboussolée».

«Vous l’avez tous compris : la gravité de l’heure exige, vous comme nous, que nous puissions nous arrêter un instant et réfléchir sur le sort de notre cher pays, comme il s’agit de réfléchir sur l’humanité. Un seul être aurait perdu la vie, toute l’humanité aurait perdu la sienne. J’ai écouté. J’ai tendu l’oreille. J’ai regardé. J’ai ouvert les yeux. Je n’ai pas reconnu mon pays. Je n’ai pas reconnu mon peuple. Je n’ai pas reconnu la jouvence que nous avons vécue, gambadant, courant, développant nos espoirs», se désole le médiateur de la République.

«Il faut que l’on arrête d’avoir un Sénégal à deux vitesses»

Selon lui, ceux qui ont déferlé dans les rues du pays, c’est «une jeunesse sans espoir». «Une jeunesse sans envie. Une jeunesse déboussolée. Une jeunesse qui ne sait plus à quel saint se vouer. Une jeunesse qui traverse les océans sans bouée de sauvetage. Une jeunesse qui sert d’aliment aux poissons en haute mer. C’est une jeunesse intrépide, néanmoins, qui aime travailler, mais qui n’a pas d’opportunité.

«C’est notre devoir, à nous tous, de lui donner le talent dont il a besoin pour servir le pays à tous les niveaux. Je le dis et je le répète souvent : il n’y a aucune différence entre eux et nous. Sauf un nombre d’années plus important à l’état civil, un ventre protubérant – je me suis rasé ce matin – des cheveux gris. Sinon, nous avons la même formation, la même initiative, la même envie de voir notre pays figurer parmi les meilleurs au monde», souligne Me Alioune Badara Cissé.

«Cette jeunesse nous parle. Nous devons marquer une pause pour l’écouter et l’entendre. Arrêtez de les menacer, de les terroriser. Ça ne passe pas ! Ce n’est pas par le bout de la baïonnette qu’on va vous obliger à taire vos devoirs et à rester chez vous. Cela fait un an qu’on est chez nous. S’il vous plaît, jeunesse de mon pays, n’écoutez ni les uns ni les autres», fulmine-t-il.

L’avocat plaide pour plus d’équité sociale dans un Sénégal où la fracture est profonde. «Je l’ai crié urbi et orbi. Je l’ai crié dans le Ferlo, à Khossanto, dans le Djiridji. Il faut que l’on arrête d’avoir un Sénégal à deux vitesses : un Sénégalais à part entière et un Sénégalais entièrement à part. Ce n’est pas tenable !», martèle-t-il.

«On ne nous a pas confié ce pays pour croiser les bras et observer ce pays aller en déliquescence»

D’ailleurs, renseigne-t-il, «c’était prévisible qu’il arriverait, à un moment, que le couvercle sauterait. Et si nous n’y prenons garde, le couvercle va sauter imminemment. Et on aura du mal à le rabattre sur la casserole. Qui serait perdant ? Chacun d’entre nous !».

ABC de rappeler : «On ne nous a pas confié ce pays pour croiser les bras et observer ce pays aller en déliquescence. On nous l’a confié pour que nous puissions proposer des modes et des méthodes alternatives de gestion des conditions de vie de nos concitoyens. Mais de compassion, d’amour et de tendresse.»

Cependant, poursuit-il, «je dois avouer avec vous que nous nous sommes écartés de ces objectifs. Nous nous sommes écartés de cette finalité et, demain, viendra de rendre compte. Nous serons tous mal barrés pour paraître fiers à côté de vous».

 

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