Economie et agriculture

Le Syndicat autonome de la recherche agricole et agroalimentaire alerte sur la situation de l’ISRA

Le Syndicat autonome de la recherche agricole et agroalimentaire alerte sur la situation de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), un outil au cœur du développement agricole qui fait face depuis plus d’une décennie à une situation financière entrainant le départ d’éminents chercheurs, entre autres conséquences, malgré multiples alertes faites.
 
En effet, l’ISRA depuis plus de 10 ans, reçoit le même budget de l’Etat (environ 4,5 milliards) qui ne couvre que 45 % de son fonctionnement, selon les syndicalistes. Pire encore, ce budget a subi des ponctions ces dernières années, plongeant l’institut dans un cycle infernal de retards de salaires, de versements de charges salariales, etc.
 
Ils soutiennent que « nombre de résultats scientifiques affichés par l’ISRA sont obtenus grâce aux financements de bailleurs, financements accordés après une âpre sélection de propositions de recherches à une échelle internationale. Ceci pour dire que l’ISRA dispose d’un réel potentiel de chercheurs. Chercheurs, qui malheureusement, font à peine une centaine, qui plus est, non « habillés » c’est-à-dire sans techniciens.
 
Ces moyens, rappellent-ils, réduits affectent essentiellement « la capacité de prise en charge réelle et totale de pans importants comme la recherche stratégique publique, surtout dans certaines zones du Sénégal, la carrière du personnel, avec un blocage de l’avancement du personnel, le versement régulier des charges salariales », entres autres.
 
Depuis plus de 10 ans le SARAA réclame « une augmentation substantielle des ressources financières allouées à l’ISRA, ainsi que des fonds, en vue d’une meilleure prise en charge des programmes de recherches stratégiques de l’Etat pour lesquelles l’ISRA est interpellé.
 
Le syndicat réclame également « la mise en place d’un dispositif adéquat de renforcement du personnel de recherche (Chercheurs et techniciens) afin de pallier au déséquilibre entre le personnel de recherche et le personnel d’appui. L’effectif très réduit des techniciens dans les différents centres impacte négativement sur la performance des chercheurs qui sont obligés de jouer en même temps le rôle du technicien, jugent-ils.
 
« Hélas, après quelques mois d’accalmie, pendant lesquelles, la direction en place, a réussi à payer les salaires de janvier à octobre sans retard, ainsi qu’à régulariser les versements des charges salariales, nous voilà replongé, dans le même cercle de retard de salaire, dû à l’insuffisance du budget », dénonce le syndicait.
 
C’est donc avec un profond sentiment « d’amertume » que les membres du SARAA ont décidé de ne pas participer aux journées du Conseil Scientifique et Technique (CST) 2021 afin d’alerter l’opinion publique, mais aussi international.
 
Pour une première fois, les chercheurs ne prendront pas part à ces journées phares de l’ISRA, pendant lesquelles leur travail acharné, fait avec abnégation, sur l’étendue du territoire national, au niveau sous-régional et international dans tous les domaines de l’agriculture (l’élevage, la pêche, la foresterie, la socio-économie, la production végétale), sera présenté, évalué, orienté. 
 
En plus de l’augmentation substantielle du budget alloué à l’ISRA, le syndicat réclame « la révision du Règlement d’Etablissement et la rupture pure et simple du contrat de performance qui lie l’ISRA à l’état, car l’Etat du Sénégal n’a pas respecté ses engagements ».

PRESSAFRIK

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