Il est difficile démêler le vrai du faux. Surtout compte tenu de l’historique des deux protagonistes. L’Iran affirme être le seul pays à être en mesure d’offrir un passage sûr aux navires commerciaux et en particulier aux pétroliers. Un passage qui se trouve à proximité de ses côtes et qui lui permet de percevoir des droits de passage qui n’existaient pas avant les quarante jours de guerre et de bombardement par Israël et les États-Unis. L’administration américaine affirme pour sa part avoir commencé le travail de déminage du détroit et que deux destroyers sont passés ces derniers jours. Le président américain affirme même que 34 navires sont passés dimanche.
Droit international
Le trafic maritime reste toutefois très ralenti sur fond de menaces de reprise du conflit. Depuis quelques heures, le président américain a lancé un blocus des ports iraniens et contre les navires qui y entrent ou en sortent. La marine américaine est massivement présente dans la région avec une quinzaine de navires. Il menace aussi de détruire tout navire iranien qui s’opposerait au blocus. Exactement avec la même méthode précise-t-il, que les États-Unis avaient utilisés en mer des Caraïbes contre des bateaux attribués à des narcotrafiquants. Le pouvoir de Téhéran affirme pour sa part qu’aucun port d’aucun pays du Golfe n’est en sécurité si ce blocus entre dans les faits. Tout cela est illégal au regard du droit international et le secrétaire général de l’ONU le rappelle, mais ce n’est manifestement pas l’essentiel pour les protagonistes de la négociation.
Tension, mais négociation
Parce que, malgré la tension, on est encore dans la négociation. Il faut bien constater que le cessez-le-feu entre les deux pays, qui doit durer encore une semaine, tient malgré tout, malgré sa fragilité, malgré les menaces, malgré l’échec affiché des discussions d’Islamabad. Le gouvernement pakistanais affirme que des efforts sont toujours en cours pour régler les derniers litiges. C’est que pour parler de paix, c’est mieux d’être en position de force, de montrer qui est aux commandes. C’est un message à la partie adverse. Le blocus américain pourrait asphyxier l’économie de l’Iran qui sait pour sa part que la situation n’est pas bonne politiquement pour les États-Unis. Il s’agit aussi de parler aux opinions, même si c’est moins crucial pour l’Iran, où ceux qui expriment un désaccord ont de bonnes chances d’être tués par le régime.
Le monde entier au travail
C’est aussi un message à ceux qui subissent la situation dans le détroit d’Ormuz. Par exemple les pays asiatiques et en particulier la Chine, qui a beaucoup œuvré en coulisses pour les discussions au Pakistan. Le ministre chinois des Affaires étrangères dit à son homologue pakistanais que le maintien du cessez-le-feu est une priorité absolue. C’est peut-être aussi un message à Donald Trump qui doit rencontrer Xi Jinping à Pékin dans un mois. C’est aussi le cas pour l’Europe. La France et le Royaume-Uni, tancés il y a peu par Donald Trump pour ne pas l’avoir soutenu, annoncent l’organisation d’une conférence avec les pays prêts à contribuer à « une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation ». Bref, le monde entier est au travail pour faire en sorte que la situation dure le moins longtemps possible .
RFI
