Le Khalife Thierno Madani Mountaga Tall a officiellement réagi à l’adoption par l’Assemblée nationale française d’une loi facilitant la restitution des biens culturels et cultuels africains. Qualifiant cet acte d’« avancée historique », le serviteur de la communauté oumarienne y voit une promesse de justice et de mémoire pour les peuples spoliés durant la colonisation. Pour le guide religieux, ce mouvement dépasse le cadre strictement juridique pour s’inscrire dans une dynamique de vérité et de réparation, affirmant que la mémoire d’une nation ne saurait être confisquée indéfiniment.
Cette déclaration fait suite à une récente visite du Khalife en France, où la question du patrimoine de la famille oumarienne a été au centre des échanges. L’enjeu est de taille : il s’agit de récupérer plus de 418 manuscrits, ainsi que des objets d’art et de guerre, saisis à Ségou en 1890 lors de la conquête coloniale. Thierno Madani Tall souligne que ces pièces ne sont pas de simples artefacts, mais les témoins vivants du legs spirituel, intellectuel et historique de El Hadj Oumar Tall, dont la pensée d’éducateur et de résistant demeure, selon lui, d’une brûlante actualité.
Au-delà de la dimension symbolique, le retour de ce patrimoine est présenté comme un levier fondamental pour l’éducation des nouvelles générations. Le Khalife estime que cette restitution offre à la jeunesse africaine l’opportunité de se reconnecter à ses racines et de bâtir un avenir fondé sur la dignité et le savoir. En replaçant ce processus sous le regard du divin, le guide religieux appelle à une réconciliation sereine avec l’histoire, formulant des prières pour que ce mouvement de restitution se poursuive dans un esprit de bénédiction et de transmission culturelle.
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