À l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) de Diass, la tension sociale atteint un point critique. Face à la presse, le secrétaire général du SYMPAAS et vice-président de l’intersyndicale a dressé un tableau sombre de la situation qui prévaut au sein de l’infrastructure aéroportuaire. Les représentants des travailleurs annoncent une possible paralysie totale de la plateforme dans les jours à venir. Tous les syndicats s’apprêtent à déposer un préavis de grève, invoquant une accumulation de difficultés structurelles, financières et sociales.
Une dette écrasante qui asphyxie l’écosystème aéroportuaire
Au cœur de la crise figure la dette colossale d’Air Sénégal, estimée à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA vis-à-vis des différents acteurs de la plateforme. Selon les syndicalistes, cette situation asphyxie les finances et menace directement la survie des entreprises prestataires. Les chiffres avancés sont préoccupants : environ 30 milliards de FCFA sont dus au guichet unique. Pour les travailleurs, le soutien à la compagnie nationale ne doit plus se faire au détriment de la pérennité de l’outil de travail.
Serigne Moustapha Gaye, secrétaire général du SYMPAAS, a rappelé les nombreux efforts consentis pour redresser la compagnie, citant les états généraux des transports aériens et la mise en place d’un comité de la dernière chance. Malgré ces initiatives, le pessimisme reste de mise. Les syndicalistes pointent du doigt la faible rentabilité des lignes exploitées par le pavillon national.
Selon Serigne Moustapha Gaye, Air Sénégal traîne 200 milliards de dettes et aucune de ses destinations, même les plus fréquentées comme Paris ou Casablanca, ne serait rentable. Il estime qu’arrimer Air Sénégal à la société 2AS n’est pas une solution viable. D’autres créances ont également été citées, notamment 2,6 milliards de FCFA dus par Transair et environ 640 millions par Horizon Connect.
Entre retards de paiement et réformes contestées
Par ailleurs, les travailleurs dénoncent des arriérés de paiement persistants, notamment sur des primes comme l’ISA, avec des retards atteignant parfois six mois. Ils contestent également la gestion de certaines redevances aéroportuaires et s’alignent sur la position du SUTAS concernant la filialisation de certaines activités.
Le Syndicat unique des travailleurs de l’aérien et des services (SUTAS) a d’ailleurs décidé de déposer un préavis de grève pour protester contre ce projet de transfert d’activités vers Air Sénégal, jugé à haut risque pour le secteur aérien. Ousmane Siby, chargé de communication du SYMPAAS, prévient que cette dette risque de détruire définitivement leur outil de travail. Une autre alerte majeure concerne un risque d’arrêt technique des activités faute de pièces de rechange pour des équipements essentiels, une situation jugée critique par les responsables syndicaux.
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