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Ali Khamenei, le Guide suprême de la République islamique d’Iran, est mort

La télévision d’État iranienne a confirmé la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême de la République islamique d’Iran, dans la nuit du samedi 28 février au dimanche 1er mars. Son décès – à l’âge de 86 ans – avait été annoncé quelques heures plus tôt par le président américain Donald Trump après des frappes menées par les États-Unis et Israël sur l’Iran. Retour sur le parcours de celui qui a indéniablement marqué l’histoire de son pays.

Ali Khamenei incarnait les mystères du régime iranien. Il était lui-même une énigme aussi bien pour ses adversaires que pour ses partisans les plus fidèles. Son hostilité pathologique envers les dirigeants américains de tous bords ; ses accointances avec Poutine et Xi Jinping qu’il a accueillis l’un après l’autre dans sa demeure (Beyt); ses appels incessants à la destruction de l’État d’Israël ; son intransigeance sur la question du nucléaire iranien malgré les sanctions internationales implacables contre son pays et son souhait profond de voir émerger des puissances défiant la suprématie des États-Unis ; son attachement affectif à ses proches collaborateurs et sa cruauté envers ses opposants ; tels ont été les traits saillants de sa personnalité.

Lors de l’invasion russe en Ukraine, il a affiché son soutien à Poutine en affirmant que cette crise trouvait ses racines dans les politiques des États-Unis et de l’Occident. Au début des manifestations nationales de septembre 2022 contre lui-même et son régime après la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs, il a préféré se taire. Puis, trois semaines après le déclenchement de ces manifestations, il s’est mis à qualifier les protestataires de suppôts des États-Unis et d’Israël, deux ennemis jurés de la République islamique. Précisons qu’au moment où se déroulaient les manifestations en Iran, des rassemblements dans le monde entier s’organisaient en solidarité avec les manifestants.

Ali Khamenei ne recevait jamais les ambassadeurs accrédités en Iran, mais les Occidentaux n’ignoraient pas qu’in fine c’était lui qui décidait non seulement de l’orientation globale de la politique intérieure de son pays, mais surtout de sa politique extérieure. Ses prises de position sur des sujets sensibles comme le nucléaire iranien, les relations en dents de scie avec l’Arabie saoudite, la présence de l’Iran en Syrie et en Irak ou sur les candidats aux élections présidentielles entretenaient la plupart du temps le doute et étaient sujettes à interprétations. Pourtant, l’opinion publique savait plus ou moins où allaient ses préférences. Il avait assis son pouvoir non seulement sur une série d’institutions solides, mais aussi sur un empire industriel et commercial.

RFI

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