Après la dernière réunion houleuse du Comité exécutif (Comex), « marquée par des invectives et des insultes », suivie des nominations controversées des staffs techniques des sélections U17, U20 et U23, une nouvelle polémique secoue la Fédération sénégalaise de football (FSF). L’Observateur révèle cette fois la distribution de primes jugées opaques et non validées par le Comex, à la suite de la CAN 2025. Le malaise est tel qu’un membre de l’instance lâche, sous couvert d’anonymat : « Ça va exploser. Il y a trop de problèmes. »
Des sommes importantes au cœur de la discorde
Au cœur de la controverse, cinq responsables – Amadou Kane, Bacary Cissé, Pape Sidy Lô, Bamba Bâ et Elimane Lam – sont accusés d’avoir bénéficié de 13 millions de francs CFA chacun, issus des primes de performance (2 millions par victoire et 1 million pour un nul contre la RDC). Problème : ce partage n’aurait jamais été validé par le Comex.
La contestation s’élargit également à d’autres dirigeants, notamment Abdoulaye Fall, Babacar Ndiaye, Cheikh Seck, Abdoulaye Saydou Sow et Kosso Diané. Ces derniers auraient perçu des bonus présidentiels (offerts par le Président Bassirou Diomaye Faye après le sacre des Lions) cumulés à ces primes de performance, portant le montant global à 63 millions par personne pour certains membres de la délégation officielle.
Une rupture avec la transparence
Les frondeurs, regroupés au sein du « Groupe des 16 », dénoncent une rupture avec les pratiques antérieures. Sous la présidence de Me Augustin Senghor, les gratifications (environ 5 millions par membre) étaient soumises à validation du Comex et distribuées de manière équitable. Aujourd’hui, ils fustigent l’existence d’un « groupe privilégié » logé aux frais de la fédération et rémunéré selon des critères jugés opaques.
L’un des contestataires martèle dans les colonnes du quotidien du Groupe futurs médias : « C’est un combat de principe. L’argent de la FSF doit être distribué de façon équitable et légale. Le président n’est pas un demi-dieu ; il agit sous l’autorité du Comité exécutif. On ne peut pas installer un groupe privilégié sur un piédestal, le loger à l’hôtel des Lions sans raison officielle, et lui verser des primes indues. »
Un dialogue rompu
La crise s’est accentuée après le refus du président de la FSF, Abdoulaye Fall, de recevoir les contestataires, les renvoyant vers le Secrétaire général, complète la même source. Ce geste, perçu comme un manque de respect et une volonté de contourner les instances dirigeantes, a radicalisé la position des frondeurs. Le « Groupe des 16 » exige désormais des comptes sur l’utilisation des fonds fédéraux, dans un climat qui fragilise de plus en plus la stabilité de l’instance.
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