Les finances publiques sénégalaises traversent une forte zone de turbulence. Celle-ci est charriée, depuis plus d’un an, par la sulfureuse affaire de la dette dite cachée. Malgré les efforts déployés par les autorités sénégalaises pour desserrer l’étau, la situation se tend, malheureusement, de plus en plus.
Comme mentionné récemment par Seneweb, les conditions dans lesquelles le trésor public sénégalais emprunte sur le marché régional des titres publics se dégradent de plus en plus. Et cela s’est malheureusement manifesté sur la toute dernière levée du Sénégal, bouclée vendredi dernier.
Une sursouscription, mais des taux en hausse
En effet, alors que l’Etat du Sénégal demandait aux investisseurs la somme de 100 milliards de FCFA, ils lui ont proposé 120.7 milliards de FCFA. Soit un beau taux de souscription de 120.7%. Mais, au bout de l’opération, le montant global levé par l’Etat du Sénégal sera bien en deçà de son objectif initial, puisqu’il n’aura mobilisé que 90.2 milliards de FCFA.
Pourquoi une telle situation ? Pourquoi l’Etat du Sénégal, qui avait l’opportunité d’amasser plus que les 100 milliards de FCFA qu’il demandait, a dû se contenter de 90.2 milliards de FCFA ? Des réponses semblent se trouver dans les taux proposés par les investisseurs.
Plus de 30 milliards rejetés sur les OAT de 3 ans
En effet, sur les Bons assimilables du Trésor (Bat) de trois mois, l’Etat du Sénégal a retenu tous les 22.3 milliards de FCFA proposés, avec un rendement moyen pondéré de 6.06%. Pour les Bat d’un an aussi, l’Etat du Sénégal a retenu tous les 33.9 milliards de FCFA proposés avec un rendement moyen pondéré de 7.67%. Mais, pour les Obligations assimilables du Trésor (Oat) de trois ans, l’Etat du Sénégal a eu une posture différente.
Sur les 37.2 milliards proposés par les investisseurs avec un rendement moyen pondéré qui culminait à 8,04%, il n’en a retenu que 6.6 milliards de FCFA, rejetant les 30.5 milliards de FCFA. L’Oat de 5 ans aussi a enregistré des souscriptions à des taux de 8.05%. Mais, à la différence des Oat de 3 ans, elles présentaient un taux marginal un peu moins onéreux. Le trésor public sénégalais a, donc, gardé la totalité des 27.3 milliards de FCFA proposés.
Enseignements d’une opération très particulière
En somme, cette opération génère plusieurs enseignements. Elle montre que les opérations de l’Etat du Sénégal suscitent toujours l’engouement des investisseurs. Cependant, ces derniers lui imposent des taux très coûteux avec des rendements élevés.
De plus, face à une telle situation, l’Etat du Sénégal est de plus en plus sélectif. Il ne ramasse pas tout ce qui lui est proposé, au contraire, il préfère rejeter les offres trop coûteuses, quitte à lever moins que prévu. Car, si l’Etat du Sénégal continue à emprunter à plus de 8%, l’impact sur les charges de la dette risque d’être important.
SENEWEB
