Religions et spiritualité

DISTINCTION ENTRE CHARIA ET HAQIQA

Les enseignements tirés de notre vénéré guide spirituel Mawlaya Seydi Mouhamed El CHEIKH lèvent le voile sur la distinction, et même sur les points d’imbrication qui demeurent entre Charia et Haqîqa. Étymologiquement, charia islamiya est définie comme le Chemin (à emprunter dans l’Islam) ou Loi Islamique. Elle concerne donc l’ensemble des lois et pratiques qui régissent l’Islam dans sa globalité. En effet, parler de la charia implique qu’il faut d’ores et déjà faire allusion aux textes. En d’autres termes, il existe une relation intrinsèque entre la charia et les textes : ce ne sont rien d’autres que des lois islamiques qui ont été préétablies par ALLAH (swt), lesquelles lois ayant le Noble Coran comme assise et source sûre; l’authenticité des lois en provenance d’ALLAH (swt) ne fait pas l’objet d’ambiguïté pour les croyants car tout ce que l’envoyé d’ALLAH dit n’est que pure vérité : « …et il ne prononce rien sous l’effet de la passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée… » (Sourate 53 versets 3,4). Cependant avant de les présenter aux croyants, Le prophète Seydi Ahmad (psl) fit passer au peigne fin chacune de ces lois afin de les rendre explicites et compréhensibles pour le commun des croyants et de l’humanité en général, d’où l’importance de la tradition Prophétique dans la charia.
Elle sert de socle, de référence pour les croyants dans la bonne pratique des cinq piliers de l’islam. Rappelons-les : la confession de foi, la prière, l’aumône, le jeûne du mois de ramadan et le pèlerinage à la Mecque. Mawlaya Seydi Mouhamed El Cheikh nous apprend que la Charia, à un moment donné, ne fut pas indemne de polémique. Quelques temps après la disparition du Prophète Seydi Ahmad (psl), certains courants d’interprétation des textes de la charia sont nés avec comme précurseurs, certains Imams de la Umma islamique dotés d’une grande érudition. On peut en citer Imam Malick, Imam Hanbal, Imam Abbou Hanifa, Imam Ahmad, Imam Safihou entre autres. On assista alors à l’avènement de plusieurs écoles d’interprétations des textes de la charia. Ce qui installa alors une certaine divergence. Par ailleurs tout le fardeau des équivoques est allégé par le Prophète de l’Islam, Seydi Ahmed, qui s’était déjà prononcé sur la question des divergences d’interprétation de la charia avant sa disparition. En effet il enseigna que la discordance dans l’interprétation des textes de la charia n’est que bienfait pour la Umma islamique. Quelle que soit l’école sur laquelle le croyant se base, il reste dans le bon chemin de l’Islam. D’ailleurs une bonne partie du Sénégal se réfère à l’école d’Imam Malick.
Donc en guise de résumé, la charia ou chariatou Mouhammadiya, est un ensemble de lois islamiques qui, dans ses profondeurs, peut faire l’objet d’interprétation basée sur le Coran et la Sounna (cas des 4 Ecoles islamiques), pour que les adeptes de la religion Islamique puissent s’y référer pour bien pratiquer la religion comme il se doit.

Quant à la Haqîqa, elle est beaucoup plus complexe car les textes qui caractérisent la charia peuvent à l’apparence être les mêmes que pour la Haqîqa (exemple le Coran). Donc le caractère textuel ne permet pas de différencier, a priori, la Charia de la Haqiqa. Mais il faudra lire entre les lignes des textes de la Charia pour comprendre que l’entendement qu’on en tire transcende même la dimension officielle. D’ailleurs ce qui précède peut être étayé par l’exemple explicatif et pédagogique qu’en a donné Cheikh El hadj Omaroul Foutiyou pour mieux distinguer la charia de la Haqîqa. Il l’explique en ces termes : ” la charia est une graine d’arachide et, après germination, les feuilles, la tigelle et les racines qui apparaissent constituent la Haqîqa”.

Mawlaya Seydi Mouhamed El Cheikh nous enseigne que la Haqîqa est aussi synonyme de lumière. Un point sur la Haqîqa peut émaner de la charia tandis que son interprétation selon la Haqîqa peut être plus panoramique et spirituelle. Donc la Haqîqa reflète le niveau de spiritualité, de lumière ou même le niveau de connexion de l’interprète avec le monde Ghayb (monde caché, accessible que par les saints d’une spiritualité élevée). Ainsi elle devient la réalité. Et Allah (swt) est le premier à faire l’apologie de la Haqîqa quand IL dit dans le Coran « Mouhammad n’a jamais été le père de l’un de vos hommes, mais le messager d’Allah et le dernier des prophètes. Allah est Omniscient. » (Sourate 33, verset 40). Mawlaya seydi Mouhamed El cheikh nous fait savoir que ce verset fait l’objet de plusieurs interprétations mais la Haqîqa (ou la réalité) l’interprète en ces termes : « Mouhammad est une source de lumière qui provient d’une source de lumière et qui ne transmet que de la lumière ». Ainsi la Haqîqa fait prévaloir l’entourage spirituel de Seydi Ahmed au détriment de l’entourage familial. C’est pourquoi celui qui est considéré comme plus proche de lui, dans son cercle restreint, est Mawlaya Cheikh Ahmed Tijani qui est son Khatmiya (le khatmiya étant un grade et une fonction unique, détenu par Mawlaya cheikh Ahmad Tijani et qui fait de lui le seul intermédiaire entre Seydi Ahmed et les créatures).

Mawlaya Seydi Mouhamed El cheikh nous dit qu’il existe une réelle divergence autour du débat qui oppose les adeptes de la charia qui ne se basent que sur les textes rédigés de la charia et ceux de la Haqîqa, qui eux, sont des élus d’Allah qui tranchent selon leur niveau d’élévation spirituelle. Cette discorde est d’ailleurs retrouvée dans l’acceptation de la Tarîqa tijaniya par certains adeptes de la charia.

En effet la Tijaniya, bien que conforme avec la charia, est un pur reflet de la Haqîqa car la réapparition même du prophète Seydi Ahmed, en état de veille, devant son fils Cheikh Ahmed Tijani pour lui donner le zikr de la Tarikha, ne peut être justifiée en aucune façon par la charia. Cette même discorde exista lors du bref séjour du prophète Moussa aleyhi salam avec Khadir. Le premier se basa sur les textes d’alors et le second sur la Haqîqa ou science qu’il recevait directement du ciel. C’est pourquoi quand khadir tua l’enfant, Moussa ne put le cautionner car les textes d’alors interdisaient le crime. Mais Khadir en fit sortir une interprétation que Moussa Aleyhi salam ignorait malgré le Prophète qu’il fut. Pour couronner le tout, Mawlaya Seydi Mouhamed El Cheikh dit que faire cohabiter la charia et la Haqîqa est une priorité chez chaque musulman car l’idéal est de maitriser les deux. Cela reste toujours dans le cadre de la connaissance. Pour maitriser la charia, le musulman doit se référer aux textes islamiques alors que pour maitriser la Haqîqa, il faut forcément s’adonner aux zikrs (invocations) tout en ayant un guide spirituel digne de ce nom.
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