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Liban. Six morts et une trentaine de blessés par balles dans une manifestation à Beyrouth

Au moins neuf victimes

Les tirs ont retenti alors que le cortège passait dans le quartier de Tayouneh, situé entre la banlieue chiite au sud de la ville et le palais de justice où devait se terminer le rassemblement, et près de la ligne de front pendant la guerre civile libanaise de 1975 à 1990.

Selon un médecin à l’hôpital al-Sahel dans la banlieue sud de Beyrouth, un homme a été tué par un tir à la tête, un deuxième a été atteint à la poitrine, et une femme de 24 ans a été tuée par une balle perdue alors qu’elle se trouvait chez elle. Le ministre de l’Intérieur Bassam Mawlawi a fait état d’un sixième mort.

En marge d’un procès

Des tirs nourris et des explosions résonnaient non loin du Palais de justice, devant lequel s’étaient massées des centaines de manifestants vêtus de noir, alors que des correspondants de l’AFP ont vu des hommes portant des armes défiler.

Les tirs ont éclaté peu après le classement sans suite par la justice libanaise d’une nouvelle plainte contre le magistrat Tarek Bitar, déposée par deux ex-responsables gouvernementaux, dont l’un, l’ancien ministre chiite des Finances Ali Hassan Khalil, est la cible d’un mandat d’arrêt.

Dans un communiqué commun, les deux mouvements chiites ont accusé des « francs-tireurs postés sur les toits des immeubles » du secteur d’avoir tiré sur les manifestants. La séquence des événements qui a mené à l’embrasement reste cependant confuse.

L’enquête sur l’explosion à Beyrouth

La manifestation s’est déroulée à l’endroit même où se regroupent régulièrement les proches des victimes de l’explosion pour demander que l’enquête aboutisse.

Ali Hassan Khalil est un proche du président du Parlement, le chiite Nabih Berri, dont le mouvement Amal est allié au Hezbollah. Le « Parti de Dieu » dirigé par Hassan Nasrallah a orchestré une campagne de dénigrement contre Tarek Bitar en l’accusant d’être politisé et de partialité.

Il avait appelé ses partisans à manifester jeudi à Beyrouth pour réclamer la démission du juge, comme ses alliés d’Amal.

L’explosion survenue le 4 août 2020 et causée par le stockage sans mesures de précaution d’énormes quantités de nitrate d’ammonium a fait au moins 214 morts, plus de 6 500 blessés et dévasté plusieurs quartiers de la capitale. L’enquête avait été suspendue en début de semaine à la suite de cette plainte et devrait donc pouvoir reprendre.

Un appel au calme

« Le fait que le Hezbollah descende dans la rue et jette tout son poids dans cette bataille […] pourrait mener à d’importants affrontements et à la déstabilisation du pays tout entier », a l’analyste politique Karim Bitar.

Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a lancé un appel au calme après les violences.

Dans un communiqué, le chef du gouvernement a dit suivre les événements de près avec le chef d’état-major de l’armée pour envisager des mesures à prendre pour contrôler la situation.

Les chars de l’armée se sont déployés dans le quartier, en bouclant les accès, et la troupe a prévenu qu’elle tirerait à bout portant sur toute personne qui ouvrirait le feu.

OUESTFRANCE

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