Le Kremlin a dit mardi souhaiter le retour “au plus vite” de la stabilité au Mali, où les rebelles se regroupent et la situation reste “difficile”, selon le ministère russe de la Défense.
Des rebelles touareg et jihadistes ont lancé samedi une série d’attaques d’ampleur qui ont plongé ce pays du Sahel dans l’incertitude sur le devenir de la junte au pouvoir.
Ces attaques ont coûté la vie au ministre malien de la Défense, Sadio Camara, et permis la prise de la ville de Kidal, d’où des mercenaires russes se sont retirés.
“Nous jugeons important que le pays retrouve au plus vite une trajectoire pacifique et stable”, a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, lors de son briefing quotidien.
Il a refusé de répondre à la question de savoir si l’Africa Corps, force paramilitaire russe qui soutient la junte malienne, serait en mesure de maîtriser la situation.
L’Africa Corps a dû se retirer de Kidal quand des rebelles touareg alliés à des groupes jihadistes ont pris cette ville-clé dans le nord du Mali. Leur retrait s’est fait en vertu d’un “accord” avec les jihadistes du JNIM (allié à Al-Qaïda) et la rébellion touareg, selon ces derniers.
“Les ennemis n’ont pas renoncé à leurs intentions agressives et ils se regroupent”, a affirmé mardi le ministère russe de la Défense sur les réseaux sociaux.
“La situation dans la république du Mali reste difficile”, a-t-il ajouté.
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guéorgui Borissenko a déclaré le même jour que les paramilitaires russes avaient “subi des pertes” lors de “frappes dans de nombreuses régions du pays”, selon ses propos rapportés par les médias d’Etat russes.
Les jihadistes et leurs alliés touareg ont notamment fait usage de drones lors de leurs attaques.
Au Mali, le général Assimi Goïta, chef de la junte, n’a pas été vu, ni n’a pris la parole depuis le début des hostilités ce week-end.
Interrogé sur son sort, Dmitri Peskov a répondu aux journalistes que c’était “au Mali et non au Kremlin que vous devez chercher ces informations”.
Selon le ministère russe de la Défense, les combats ont vu “des tentatives de prise de contrôle d’infrastructures clés dans la capitale, Bamako — au premier chef, le palais présidentiel”.
Le ministère a indiqué que l’Africa Corps avait affronté “des forces numériquement supérieures” et combattu plus de 24 heures avant de se retirer de Kidal, une décision prise, selon lui, par les dirigeants maliens.
AFP
