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L’eurodéputée Rima Hassan sort de garde à vue et sera jugée pour apologie du terrorisme

Placée en garde à vue jeudi, l’eurodéputée LFI Rima Hassan est ressortie libre en fin de soirée, et sera jugée le 7 juillet pour « apologie du terrorisme », pour l’un de ses posts sur X.

Convoquée le matin même, l’eurodéputée franco-palestinienne s’était présentée à la police judiciaire, pour être placée en garde à vue, a rapporté le parquet de Paris.

« Ce placement en garde à vue est possible, sans qu’il soit nécessaire de faire procéder à la levée de l’immunité parlementaire, dans le cadre de l’enquête de flagrance », a-t-il précisé.

La justice reproche à la parlementaire européenne de 33 ans une publication le 26 mars 2026 sur son compte X, qui faisait référence à Kōzō Okamoto.

Ce dernier est le seul survivant parmi les trois auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) à l’aéroport israélien de Lod-Tel Aviv, qui avait fait 26 morts, don’t un Canadien, huit Israéliens et 17 citoyens américains de Porto Rico.

Accompagné de drapeaux du Japon et de la Palestine, le tweet de Rima Hassan reprenait des propos qui lui sont attribués : “Kozo Okamoto : J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir”.

Elle republiait aussi un texte en anglais sur Kōzō Okamoto, « rappelant qu’il avait pris part à cette attaque et une photo sur laquelle il était porté sur les épaules d’hommes vêtus de treillis et de keffieh », a précisé le parquet.

La publication avait été signalée au parquet par le ministre de l’Intérieur, puis l’Organisation juive européenne (OJE) et la Licra.

« Pas de commentaire aujourd’hui, on fera une conférence de presse demain », a déclaré à la presse Rima Hassan jeudi soir à sa sortie de garde à vue, lors de laquelle « les gens étaient très corrects et professionnels ».

Six autres procédures

L’eurodéputée a ensuite écrit sur X que “sur la base de fuites illégales, j’ai dû subir des accusations m’imputant la possession de plusieurs drogues. Ces accusations sont totalement fausses », a-t-elle tonné, précisant que seule la présence de CBD avait été constatée, « ce qui est parfaitement légal ».

Une source proche du dossier avait indiqué qu’une petite quantité de drogue de synthèse avait été trouvée dans le sac de l’eurodéputée.

« La fouille des effets de Rima Hassan a révélé la présence de matières s’apparentant d’une part à du CBD et d’autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée », a indiqué le parquet à l’issue de la garde à vue. « Ces éléments sont disjoints et feront l’objet d’une procédure distincte. »

Le placement en garde à vue de Rima Hassan a suscité une levée de boucliers dans les rangs de la France Insoumise. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une « police politique », tandis que Manon Aubry, autre eurodéputée du mouvement, a fustigé un « harcèlement judiciaire ».

Rima Hassan est mise en cause dans six autres procédures, que le parquet ne souhaite pas commenter car elles sont « toujours en cours ».

Treize autres procédures menées par le pôle national de lutte contre la haine en ligne ont été classées sans suite « après recherche des contextes dans lesquels ont été tenus les propos contestés, audition de l’intéressée ou jonction de ses explications fournies dans le cadre d’autres procédures voisines, et analyse de l’ensemble de ces éléments ».

La plupart concernaient des tweets ou d’autres propos, signalés par l’OJE, d’autres organisations ou des députés.

Porte-drapeau de la cause palestinienne, Rima Hassan ne cache pas ses positions très radicales sur l’État d’Israël, qu’elle qualifie de « terroriste », et multiplie les messages polémiques.

Elle avait été mise sur le devant de la scène par LFI au moment des élections européennes de 2024, où l’envoyer à Bruxelles était devenu un des principaux arguments de campagne des Insoumis.

Elle a également fait la une en embarquant à deux reprises à bord de bateaux en direction de la bande de Gaza, pour dénoncer un blocus humanitaire. Elle avait été temporairement détenue par les forces israéliennes après l’interception du navire.

AFP

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