Religions et spiritualité

AL HAQQ : LA VÉRITÉ EN ISLAM, DÉCORTIQUÉE PAR L’IMAM AL MAHDI (a.s)

Le mensonge est une entrave majeure dans le cheminement vers ALLAH. À ce titre, nous disposons de plusieurs hadiths du Prophète (PSL) mettant sa communauté en garde contre cette tare devenue malheureusement une banalité dans nos sociétés. Fidèle à sa mission consistant à restaurer les valeurs fondamentales de l’Islam, l’IMAM AL MAHDI Mawlaya Seydi Mouhamed El Cheikh nous délivre à travers un large exposé qui, tel un viatique, permet de saisir tous les contours de ce vice pour ainsi mieux l’éviter.

Mawlaya Seydi Mouhamed El Cheikh nous fait mention de la constitution des saints présente à la Dahiratoul Awliyâ’i. Il y est écrit que les hommes de Dieu (les waliyous) peuvent utiliser plusieurs ruses pour se cacher (telle que vivre comme un sans-abri ou se vêtir et se comporter comme un déficient mental, etc.). Il y a cependant une chose que les élus d’ALLAH ne peuvent se permettre de faire : ne pas dire la vérité. Ils éprouvent une grande aversion pour le mensonge et sont sur écoute permanente du monde Ghayb (le Ciel). Ils nous apprennent dans leur sagesse immense, que seul celui à qui aucun rectificatif émanant du ciel n’est émis peut se permettre de mentir puisqu’il est le seul à être au courant de son acte et ce n’est qu’au jour du Jugement dernier, qu’ALLAH lui signifiera le mensonge qu’il avait proféré.

L’IMAM AL MAHDI de renchérir que le Prophète Seydi Ahmed (PSL) a été le premier à fustiger le mensonge. Un jour à Médine à l’heure de ‘Asr, le Prophète était assis entouré de ses Sahâba (compagnons). Il leur dit : « Il est mieux de forniquer avec trente femmes que de mentir ne serait-ce qu’une seule fois ». Cela atteste encore du danger du mensonge. D’après Seydi Ahmed (PSL) toujours, mentir entraine trois désagréments : « En premier, le mensonge fausse la personne à qui on a promis une chose et lui cause une déception. Deuxièmement, il trahit la personne. En troisième lieu, il cause une perte de la parole donnée rendant la personne inapte à témoigner avec bonne foi ».

Si une personne ne peut plus être un témoin digne de foi, elle ne pourra plus être un témoin pour un mariage, pour un acte de divorce, etc. car simplement elle n’est plus digne de confiance pour servir de témoin légal en droit islamique.

Ces trois faits constituent un grand danger pour la personne ; un danger pour son cœur et son âme et le mensonge entraîne tous ces trois. Le prophète Seydi Ahmed (S.A.W.S.) de rajouter que ces trois faits précités font penser à l’hypocrite car ce dernier se reconnaît par ces trois caractères :

-Un hypocrite ne peut pas tenir une discussion entière sans en rajouter une contre-vérité ;

-Il manque toujours à ses rendez-vous ;

-Il trahit toujours la confiance portée en lui.

Ces trois vices cités par le prophète Seydi Ahmed (S.A.W.S.) ont un seul soubassement : le mensonge.

Mawlaya Seydi Mouhamed EL cheikh nous fait la distinction entre le fait de dire la vérité et le fait de ne pas la dire car ces deux concepts, bien qu’opposés, sont sujets à confusion. Quand on dit de quelqu’un qu’il est véridique, cela ne signifie pas simplement qu’il a le courage de dire tout ce que les autres n’osent pas dire. Etre véridique commence plutôt par soi-même. Etre véridique envers soi c’est de savoir que le but de notre venu sur terre est en rapport avec la parole divine : « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent » (Sourate 51, verset 56). Être véridique, c’est être prêt à tous les sacrifices quand il s’agit d’œuvrer pour ALLAH, pour le Prophète (S.A.W.S) et pour Mawlaya Cheikh dont on a adhéré à sa Tarîqa. Si on n’est pas véridique à ces niveaux, autant s’abstenir de vouloir dire la vérité à son prochain car on fait partie de ceux qui ne disent pas la vérité.

Cela concerne tous les efforts qu’on est prêt à fournir pour pouvoir se réveiller de bonne heure et prier convenablement Soub’h. De même que prier aux heures fixées les autres prières comme Zouhr, ‘Asr, etc. C’est le fait de tout délaisser lorsqu’on doit s’acquitter des obligations religieuses qui nous lient à Dieu pour les exécuter convenablement.

Concernant la Tarîqa Tijâniya, si une personne affirme croire en Mawlaya Cheikh Ahmad Tidjâni, elle doit se lever pour faire son lâzim avant l’aube, assister aux séances de wazifa, de Hadaratul jum‘a etc. Si elle n’œuvre pas dans cela, on ne peut la considérer comme une vraie adepte de la Tarîqa, car elle n’est pas véridique envers Mawlâya Cheikh Ahmad Tidjâni.

Cette vérité doit être ancrée dans le cœur et dans l’âme. C’est à ce moment là qu’on pourra véhiculer un message de vérité. C’est ce qu’ALLAH enseigne dans le verset 2 de la sourate 61 (As-Saffi) : « Ô vous qui croyez, pourquoi dites-vous ce que vous ne faîtes pas… ».

Mawlaya Seydi Mouhamed El Cheikh nous précise que véhiculer un message de vérité consiste à avouer notre ignorance sur une chose quand on n’en sait rien et d’éviter toute tergiversation et tâtonnement. C’est le fait de s’abstenir sur les choses qu’on ne maîtrise pas comme l’avaient dit les anges : « Gloire à Toi (Dieu), nous n’avons de savoir que ce que Tu nous as enseigné » (S.2, V.32). C’est aussi savoir se taire quand ALLAH ne nous montre pas et ne nous dit point. Par contre si on est le seul à connaître une vérité et que tout le monde la cherche, elle doit impérativement être dite. Mais il y a toujours une vérité que la personne doit garder pour elle-même (et qui parfois ne concerne personne d’autre) et une vérité qui concerne les autres et qu’elle doit divulguer. Si la personne ne procède pas ainsi, elle est considérée comme responsable de tensions sociales pouvant subvenir de ses révélations. C’est la raison pour laquelle une personne qui n’est pas imbue de cette intelligence et cette capacité de discernement est considéré comme un musulman déficient car la religion nécessite de l’intelligence. Donc la vérité qu’on fait sortir doit être une vérité qui profite à tous.

L’individu ne doit pas par ailleurs, connaitre la vérité et décider de se fondre dans la masse des non-véridiques. Il entre alors dans le cadre de l’hypocrisie définie dans le Coran : « Parmi les gens, il y a ceux qui disent : nous croyons en ALLAH et au Jugement dernier alors qu’en réalité, ils ne croient pas » (S.2, V.8). Il est de ce fait considéré comme Ibliss par le fait qu’il simule ce dont il ne croit pas et ALLAH n’épargne pas les simulateurs : « …Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme ALLAH l’ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos parents ou vos proches, qu’il s’agisse d’un riche ou d’un besogneux, ALLAH a priorité sur eux… » (S.3, V.135).

Cela dit, la personne doit accepter la vérité même quand elle n’est pas à son avantage. Le Prophète Seydi Ahmed (S.A.W.S.) a dit qu’une personne qui n’accepte pas la vérité gouttera forcément aux supplices de la tombe et ALLAH la fera rencontrer l’ange Malick, gardien de la Géhenne, qui lui fera accepter la vérité d’une manière ou d’une autre. D’aucuns veulent toujours se justifier quand la vérité n’est pas en leur faveur. Une personne qui entend la vérité doit se conformer à « Samih’na (j’ai entendu) Wa Atah’na (je vais suivre) ».

Comment la vérité doit-elle être acceptée ?

Mawlaya Seydi Mohamed EL cheikh nous apprend que la personne doit accepter la vérité par son âme et par son cœur. Accepter la vérité par son âme, c’est accepter de se ranger derrière celui qu’ALLAH a choisi pour diriger et acquérir ainsi la quiétude. Quant à l’acceptation de la vérité par son cœur, c’est accepter les attributs et dons des autres en termes de bonté, de beauté, d’habillement ou de richesse. ALLAH a dit dans son noble Coran : « Ton Seigneur créé ce qu’Il veut et Il choisit… » (S.28, V.68). ALLAH a créé et parmi ses créatures, Il fait son choix sur les unes en faveur des autres. Le Prophète Seydi Ahmed (S.A.W.S) de rajouter que le mensonge ne doit jamais figurer parmi les défauts d’un musulman, il doit toujours s’abstenir de mentir. ALLAH se chargera ainsi de lui octroyer les qualités et considérations des nobles gens car ALLAH est la vérité et la vérité est ALLAH.

Les gens de la Mecque ont donné au Prophète (S.A.W.S.)  le surnom d’« Al Amîn » qui signifie le juste, le véridique, parce qu’il incarnait ces vertus. La considération réside donc dans la vérité et ALLAH fait gagner la considération des autres à quiconque est véridique. Cette considération englobe une élévation spirituelle et une élévation dans tous les domaines si bien que dans toutes les décisions à prendre, l’avis de la personne véridique se fait prévaloir. Mawlaya Seydi Mouhamed El Cheikh nous apprend que ceci est très difficile à réaliser pour quelqu’un qui n’est pas habitué à dire la vérité du fait que cela devient une maladie chronique évolutive comme cité dans le Coran : « Il y a dans leurs cœurs, une maladie (de doute et d’hypocrisie) et ALLAH fait croître leur maladie » (S.2, V.10).

Comment s’habituer à dire la vérité ?

Mawlaya Seydi Mouhamed nous enseigne qu’il faut d’abord commencer à canaliser ses paroles. Si la personne parlait habituellement 30 minutes, qu’elle les réduise à 15 minutes en se limitant à dire ce dont elle a la certitude. Si elle perdure dans cela, elle finira par être véridique.

Mawlaya Seydi Mouhamed nous apprend que les waliyous (saints) se taisent plus qu’ils ne parlent face à une situation où les autres parlent. Et pourtant ils sont les plus informés car ils ont les images et les vidéos de chaque évènement. Ils sont avertis bien avant. C’est pourquoi ils portent le nom de « Hakim (sage) » du fait que leur parole est toujours d’une importance capitale.

La personne doit donc prendre ALLAH en compte dans ses allégations. Nombreux sont ceux qui peuvent parler à longueur de journée pourtant, si on leur informait qu’ils ont étaient enregistrés et qu’ils mourront le lendemain, ils feront tout pour récupérer les enregistrements et effacer certaines parties.

Mawlaya Seydi Mohamed El Cheikh nous raconte l’histoire de l’homme qui avait l’habitude de pécher et qui était venu voir le Prophète Seydi Ahmed (S.A.W.S.) pour entrer dans l’Islam. À la présence des compagnons, il dit au Prophète qu’il voudrait entrer dans l’Islam. Le Prophète lui répond « Bismillah, qu’on l’accueille ». Il dit au Prophète « j’ai cependant l’habitude de commettre des péchés et je ne sais pas si une fois converti, je pourrais facilement m’en départir ». Le Prophète lui demande « Qu’as-tu l’habitude de commettre ? ». L’homme soutient : « Je commets l’adultère tout le temps car je suis très habile à m’approcher des femmes, à les séduire, jusqu’à forniquer avec elles. J’aime l’alcool et je suis aussi spécialiste en vol. J’escalade les murs en pleine nuit et je ne me suis jamais fait prendre. Enfin mentir est une chose je sais bien faire. Vous (le Prophète) êtes le premier à que j’ai dit la vérité car tous ces vices sont en moi. Je ne crois pas que je pourrais les abandonner de sitôt même si je pourrais essayer ». Le Prophète lui répond : « je t’ordonne seulement d’arrêter de mentir et de ne pas t’absenter aux heures de prière à la mosquée, si tu le fais ou que tu mens, je le saurais ! ». Et les compagnons se demandaient : « et tous les autres péchés qu’il fait ? » L’homme se mit d’accord avec le Prophète et accéda ainsi dans l’Islam.

Au fur à mesure qu’il commettait les péchés précités, il venait aussi prier à la mosquée. Chaque jour, le Prophète le questionnait en lui demandant : « qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui ?». Il disait : « j’ai volé à tel endroit ! J’ai forniqué avec une femme ! ». Tous les compagnons le pointaient du doigt et le blâmaient.  Il était mal à l’aise mais il n’ose pas mentir au Prophète. C’est ainsi qu’il commença à limiter les autres péchés jusqu’à parvenir à tout délaisser. Il a ainsi réussi à se départir de toutes ces transgressions par le seul fait qu’il a arrêté de mentir.

En définitive, ALLAH a fait de la vérité (Al Haqq) son nom et son attribut qu’Il a donné à tous ses missionnaires depuis les prophètes. C’est cette vérité qui a permis au Prophète Seydi Ahmed de mener à bien sa mission. Malgré son métier de commerce qui est un secteur bruyant, il ne se mêlait que de ce qui le regardait car ALLAH lui a inspiré le caractère véridique qui faisait qu’il s’abstenait sur tout ce qui n’était pas vrai. C’est une des qualités parmi tant d’autres, pour lesquelles Seydatouna Khadija l’a choisi comme époux indépendamment de sa beauté physique.

Ces enseignements sont entièrement recueillis de notre vénéré guide spirituel Mawlaya Seydi Mouhamed EL Cheikh, IMAM AL MAHDI (A.S).

MOHAMED DIACK

DESK RELIGION ET SPIRITUALITÉ

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