Réflexions

Covid-19 : l’homme et la nature, un couple ancien, mais improbable

Il est évident que l’homme n’est ni le premier ni le seul à nourrir et à se nourrir de la nature. De l’époque de la technologie des pierres taillées au troisième millénaire, l’homme n’a cessé de travailler et de retravailler la nature au gré de ses besoins lesquels sont parfois le produit de bas instincts. Son ingéniosité et ses caprices lui ont valu le titre de “maître de la nature” , là où il fallait oser une expression plus sarcastique à l’image de “traître de la nature” pour justifier et dénoncer les offres glorieuses que celle-ci a données et les conséquences funestes qu’elle en a reçues. L’avenir du couple Homme-Nature semble moins viable que le temps d’une urgence et plus éphémère que la durée d’un éclair réfractaire au temps de la contemplation. L’environnement semble retrouver confort et réconfort dans la nouvelle maladie respiratoire. En court-circuitant les diverses activités économiques qui garantissent, en apparence, à l’homme vie et survie, mais qui le détruisent au plus profond de son être, le Covid-19 a semblablement pris l’allure d’une revanche de la nature. C’est une négation de l’idée d’une hypothétique maîtrise exercée sur elle. Elle a ôté à l’homme, son enfant jadis gâté aujourd’hui menacé, ce qui faisait l’essence du siècle actuel : la liberté et le progrès. Le progrès scientifique a fait montre d’insuffisances congénitales à toutes œuvres humaines parce que perfectibles et faillibles qu’elles sont. Le combat de la prévention et de l’éradication n’ont jusqu’ici su résister aux accents dévastateurs de ce qui a été considéré par l’OMS comme une urgence sanitaire planétaire. La liberté de circuler, la liberté d’aller et de venir, la liberté de commerce, la liberté d’entreprendre, la liberté d’industrie sont, entre autres droits que l’homme clamait à cor et à cri, mises en veilleuse en attendant que la pandémie finisse de déconstruire ce qui a été construit au grand malheur de la nature. Espérons qu’elle ne soit pas totale, la destruction ! Qu’elle soit partielle le moins qu’elle puisse l’être ! Une période latente de guerre semble s’instaurer dans le foyer d’un couple, dont l’un des conjoints (l’homme) tenaille l’autre (la nature) bien que le premier soit le produit des entrailles du second. Une telle conflictualité témoigne d’une insouciance consciente d’une humanité, dont les rapports avec son milieu évoluent de mal en pis ; une humanité qui se répète encore plus négativement.

MOUSSA FALL, M1 DROIT PUBLIC UGB/UFR_SJP

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